Contexte

Privatisation des semences et biodiversité menacée

Depuis les vingt dernières années, la biodiversité est en danger : 75 à 80 % de celle-ci a disparu, suite notamment à l’évolution de la réglementation, qui impose l’inscription des espèces végétales commercialisées au Catalogue officiel. Les semences traditionnelles, patrimoine naturel commun de l’humanité, sont en danger, au détriment de quelques semences standardisées… La majorité des graines (les semences hybrides F1) sont produites par quelques semenciers internationaux, elles ne sont pas adaptées aux conditions locales, nécessitent plus de produits chimiques et doivent être rachetées chaque année.

Des grainothèques : pourquoi ?

  • Pour la gratuité dans un monde où tout s’achète
  • Pour la liberté d’échanger et de reproduire nos graines (traditionnelles)
  • Pour un entretien citoyen de la biodiversité cultivée
  • Pour des semences adaptées à notre territoire

(extrait du site de Graines de Troc)

Graines de Troc a permis la création d’une centaine de ces grainothèques, pour partager des graines traditionnelles, mais aussi lancer le débat, informer, sensibiliser les citoyens. Le projet vise à ce que chacun puisse librement partager les semences traditionnelles, mais aussi apprendre les savoir-faire pour les reproduire de manière autonome, hors-cadre marchand.

Ce projet interpelle le grand public (enfants comme adultes), et permet d’ouvrir le débat sur les biens communs, le partage, l’échange, la gratuité, et la sauvegarde de la biodiversité… Il peut aussi permettre, plus simplement, une transmission de connaissances relative au cycle végétal, aux saisons, et aux caractéristiques environnementales des territoires concernés. Les bibliothécaires, les documentalistes, les responsables de tiers-lieu jouent alors le rôle de médiateurs, pour informer l’usager sur ces différents enjeux. « Si l’on considère que les bibliothèques sont des lieux de « fabrique du citoyen », « le partage de semence », est un engagement citoyen que les bibliothécaires peuvent accompagner ». De la même manière, via les grainothèques, les bibliothécaires remplissent pleinement leur mission d’information et de partage de connaissances en direction des usagers. Enfin, la démarche participative constitutive des grainothèques correspond parfaitement à l’une des missions essentielles des bibliothèques et tiers-lieu : être des acteurs à part entière de la vie sociale d’un territoire, en favorisant les échanges et liens au sein de la population.

Aux graines citoyens !

A l’échelle du Pays de Brest, si nous mettons en place un peu partout des « bibliothèques de graines », c’est tout le territoire qui y gagnera … Rajouté à d’autres dynamiques (incroyables comestibles…) et en renfort des actions des acteurs de terrain, le projet graines@brest est un projet utile à tous et qui va être rapidement amené à se développer.

En savoir plus ? Consultez l’article de scinfolex.